À l'occasion des débats parlementaires sur le projet de loi portant révision de la Constitution, le chef de l'opposition sierra-léonaise, Abdul Kargbo, a renouvelé l'opposition de l'All People's Congress (APC) à plusieurs dispositions du texte. Le parti dénonce un éloignement des recommandations issues des consultations nationales et plaide pour une réforme constitutionnelle fondée sur le consensus, la transparence et le respect des principes démocratiques.
La réforme constitutionnelle en Sierra Leone continue de susciter un débat politique majeur. Lors de la séance parlementaire du 28 juillet 2026, le chef de l'opposition, Hon. Abdul Kargbo, a défendu la position de l'All People's Congress (APC), estimant que plusieurs dispositions du projet de loi actuellement examiné ne reflètent pas les engagements pris au cours des consultations nationales et du processus tripartite.
Au cœur des critiques figure la modification des conditions d'élection du Président de la République. L'opposition s'interroge notamment sur l'abandon du seuil de 50 % plus une voix, précédemment évoqué, au profit d'une majorité simple, ainsi que sur le changement des critères de répartition territoriale des suffrages. Pour l'APC, ces évolutions nécessitent des explications, dès lors qu'elles s'écartent des recommandations formulées lors des concertations.
Le débat s'est également concentré sur le système électoral. Abdul Kargbo a réaffirmé son attachement au scrutin majoritaire uninominal (First-Past-the-Post – FPTP), qu'il considère comme un mécanisme favorisant une relation directe entre les députés et leurs électeurs. Selon lui, ce modèle renforce la responsabilité politique des élus et offre davantage d'opportunités aux candidats indépendants et aux petites formations politiques. À l'inverse, il estime que la représentation proportionnelle concentre davantage le pouvoir de sélection des élus entre les mains des directions des partis.
L'opposition a par ailleurs rejeté l'idée selon laquelle le mode de scrutin constituerait, à lui seul, un facteur déterminant du développement d'un pays. Pour Abdul Kargbo, les performances en matière d'indice de développement humain reposent avant tout sur la qualité des institutions, l'efficacité des politiques publiques, l'accès à l'éducation et aux soins, le respect de l'État de droit ainsi que la confiance des citoyens dans les institutions.
S'agissant de la représentation des femmes, le leader de l'opposition a rappelé que l'APC a inscrit dans ses propres textes un quota de 30 % en faveur des femmes et affirme soutenir les réformes destinées à renforcer leur participation à la vie politique, quel que soit le système électoral retenu.
Enfin, Abdul Kargbo s'est montré réservé sur une disposition limitant l'utilisation d'un recensement national réalisé moins de deux ans avant une élection générale. Selon lui, une telle mesure pourrait créer des incitations contraires au respect de l'obligation constitutionnelle de procéder périodiquement aux recensements de la population.
Tout en réaffirmant son opposition à certaines dispositions du projet de loi, l'APC insiste ne pas être opposée au principe même d'une révision constitutionnelle. Le parti appelle plutôt à un processus conforme aux règles démocratiques, fondé sur un large consensus national et garantissant un examen transparent de chaque disposition du texte.
Au-delà des divergences politiques, le débat engagé en Sierra Leone rappelle qu'une réforme constitutionnelle ne se mesure pas seulement à son contenu, mais également à la manière dont elle est élaborée. La recherche du consensus, le respect des procédures et l'inclusion de toutes les sensibilités politiques demeurent des conditions essentielles pour garantir la légitimité d'une Constitution appelée à régir durablement les institutions et à consolider la démocratie.
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