Une vive controverse secoue actuellement la profession d'avocat en République démocratique du Congo. Dans une correspondance officielle datée du 18 juillet 2026 et adressée au Bâtonnier national, le Barreau du Kwilu (ex-Barreau de Bandundu) accuse le Bâtonnier du Barreau de Kinshasa/Gombe, André Kibambe Kikangala, d'adopter des pratiques qu'il considère comme contraires aux principes de confraternité, d'égalité professionnelle et de bonne gouvernance ordinale.

Dans cette lettre, le Conseil de l'Ordre du Barreau du Kwilu affirme avoir constater, depuis l'élection du Bâtonnier de Kinshasa/Gombe, ce qu'il qualifie de « dérive ordinale » marquée par une hostilité particulière envers les avocats de certains barreaux, notamment ceux du Kwilu.

Selon le document, plusieurs décisions illustreraient cette situation. Le Barreau du Kwilu évoque notamment le refus opposé à certaines attestations de prestation délivrées à ses avocats, la réduction de la durée de validité de ces attestations de trois mois à un mois, ainsi que l'exigence de produire des pièces de procédure lors de leur présentation. Ces mesures sont présentées par leurs auteurs comme portant atteinte à la libre circulation et à l'exercice de la profession d'avocat.

En réaction, le Conseil de l'Ordre du Barreau du Kwilu annonce l'application d'un principe de réciprocité. Il prévient que toute procédure disciplinaire qu'il jugerait irrégulière contre un avocat de son ressort pourrait entraîner des poursuites disciplinaires à l'encontre d'avocats du Barreau de Kinshasa/Gombe. Il décide également que les attestations de prestation destinées au Barreau de Kinshasa/Gombe seront désormais transmises exclusivement par voie électronique, conformément aux règles relatives à la numérisation des procédures.

La correspondance indique par ailleurs que le Bâtonnier André Kibambe Kikangala a été cité à comparaître devant le Conseil de l'Ordre du Barreau du Kwilu le 7 août 2026, afin de répondre aux griefs disciplinaires retenus contre lui.

À ce stade, ces accusations émanent exclusivement du Barreau du Kwilu. Aucune réponse officielle du Bâtonnier André Kibambe Kikangala ou du Barreau de Kinshasa/Gombe n'apparaît dans le document examiné. Le principe du contradictoire commande que les différentes parties puissent faire connaître leur position avant toute conclusion définitive.

Cette affaire met en lumière les défis liés à la gouvernance des ordres professionnels et rappelle l'importance du dialogue institutionnel, du respect des règles ordinales et de la confraternité entre les différents barreaux. L'évolution de ce dossier sera suivie avec attention, tant ses conséquences pourraient avoir un impact sur l'organisation de la profession d'avocat en République démocratique du Congo.

Document joint

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