Par la Rédaction de MAGJURY
CONAKRY : C'est un symbole fort. La salle d'audience du Tribunal de Première Instance de Dixinn, délocalisée pour le procès historique du 28 septembre, a troqué ce matin sa robe de deuil pour celle de l'espoir. Le Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, flanqué de son partenaire stratégique l’UNICEF, y a officiellement lancé la campagne nationale de vulgarisation du Code de l’Enfant.
L’événement porte sur la vulgarisation d’un arsenal juridique souvent méconnu : le Code de l’Enfant.
Il ne s’agit pas d’une simple lecture de textes, mais d’une véritable opération de « traduction » du droit.
L'objectif est de rendre les 500 articles de ce code accessibles, palpables et opposables pour chaque citoyen guinéen.
Sous la présidence des autorités du Ministère de la Justice, la cérémonie a réuni les magistrats du Tribunal pour Enfants, les acteurs de la Direction Nationale de l’Éducation Surveillée (DNESPPJJ), ainsi que les représentants de l’UNICEF. Ce front commun démontre que la protection des mineurs n'est plus une option administrative, mais une priorité d'État. Lancée ce mercredi 08 avril 2026, la campagne va se déployer jusqu’au 24 avril.
Le choix de la salle d’audience du procès du 28 septembre pour ce lancement n'est pas anodin. En investissant ce lieu de mémoire et de lutte contre l’impunité, le Ministère signifie que la protection de l'enfant est le socle de la nouvelle culture judiciaire guinéenne.
De Kaloum à Kountia, en passant par Matoto et Ratoma, aucune commune ne sera oubliée. Loin des discours en vase clos, l’intervention s’est articulée autour d'ateliers interactifs. Les experts ont exposé les mécanismes de signalement et le rôle crucial des acteurs judiciaires.
L’accent a été mis sur la « vulgarisation » : transformer le jargon complexe en conseils pratiques pour les familles, les chefs de quartiers et les officiers de police judiciaire.
Pourquoi un tel déploiement ? Parce qu'en Guinée, le mariage précoce, les mutilations génitales féminines et le travail des enfants progressent souvent dans l'ombre de l'ignorance. Comme le rappelle le slogan de la campagne : « Une loi ne protège réellement que lorsqu'elle est connue et comprise par tous ».
L’enjeu est de construire une nation forte en protégeant son maillon le plus fragile : l'enfant.
En sortant des tiroirs des chancelleries pour s'inviter dans l'arène publique, le Code de l'Enfant cesse d'être une promesse pour devenir une réalité. Le message envoyé depuis cette salle d’audience est limpide : la justice guinéenne veille désormais sur son futur.
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