Procès CRIEF : Mohamed Lamine Bangoura face au défi de la responsabilité financière
CONAKRY, le 2 mars 2026 L’ancien président de la Cour constitutionnelle, Mohamed Lamine Bangoura, a comparu ce lundi devant la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF). Poursuivi pour détournement de deniers publics, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux, le haut magistrat a axé sa défense sur la dilution de sa responsabilité au sein d'organes collégiaux.
Le point central des débats a porté sur la gestion des fonds de la Cour. Face aux questions de Me Pépé Antoine Lama (Partie civile), M. Bangoura a nié toute gestion unilatérale :
Le Comité de Trésorerie : Le prévenu a affirmé que les décisions financières émanaient de ce comité.
Le rôle de signature : Bien qu'ordonnateur, il a précisé ne signer les chèques qu'après réception des procès-verbaux dudit comité, tentant ainsi de se dégager de la responsabilité opérationnelle.
L'audience a révélé des points de friction majeurs concernant la transparence budgétaire :
1. Le loyer de l'institution : L'augmentation du bail de 8 à 11 milliards GNF a été questionnée. Le prévenu a justifié une procédure restreinte, impliquant uniquement le président du comité de trésorerie et le secrétaire.
2. Fonds électoraux : Entre 3 et 5 milliards GNF étaient alloués par la Présidence pour chaque scrutin. M. Bangoura a admis que si ces fonds faisaient l'objet d'un procès-verbal, ils ne bénéficiaient d'aucun document comptable formel, soulevant un problème majeur de traçabilité.
Interrogé sur son patrimoine, l'ancien président a justifié son train de vie par une carrière de 36 ans et des émoluments ayant atteint 75 millions GNF par mois. La Cour devra déterminer si ses actifs sont en adéquation avec ses revenus légaux ou s'ils cachent des mécanismes de blanchiment.
Par Damba Morlaye
Pour MAGJURY
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