L’audience consacrée à l’affaire de la présumée fraude au concours de recrutement des magistrats s’est poursuivie avec les dépositions de Maciré Camara, candidate poursuivie dans le dossier, et de Sékou Keïta, conseiller au ministère de la Justice. Tous deux contestent toute implication dans une quelconque transmission de sujets.

Les débats ont d’abord porté sur la publicité de l’audience. La défense souhaitait limiter la présence du public aux personnes présentes dans la salle, tandis que le ministère public plaidait pour une couverture médiatique, allant jusqu’à demander l’autorisation pour les journalistes de prendre des sons et des images. Après avoir entendu les parties, le Tribunal a autorisé la couverture médiatique de l’audience.

À la barre, Maciré Camara, candidate au concours de recrutement des magistrats, a fermement rejeté les accusations portées contre elle. Elle a expliqué qu’elle avait demandé de l’eau pour boire pendant l’épreuve et qu’elle s’était, dans ce contexte, adressée à Sékou Keïta, membre de la délégation du ministre de la Justice.

La candidate a nié avoir reçu un sujet traité dans le sachet d’eau qui lui aurait été remis. Interrogée sur ses relations avec le conseiller du ministère, elle a reconnu fréquenter son bureau, mais affirme que ces visites avaient uniquement pour but de solliciter des conseils et une orientation.

Le ministère public soutient toutefois une autre version. Selon l’accusation, un sujet traité aurait été transmis à la candidate et introduit dans un sachet d’eau apporté par Sékou Keïta.

Interrogé à son tour, Sékou Keïta a également rejeté toute implication dans la fraude présumée. Il a expliqué avoir constaté que certaines salles d’examen ne disposaient pas d’eau et avoir pris l’initiative d’en apporter aux candidats, comme il l’aurait également fait pour du café.

Concernant la salle numéro 16, il affirme avoir acheté deux bidons d’eau après avoir reçu plusieurs demandes, notamment celle du procureur, qui souhaitait de l’eau pour prendre un médicament. Selon lui, l’un des bidons a été remis à un responsable du centre tandis que le second a été placé près d’un surveillant avant qu’il ne quitte la salle.

Sékou Keïta affirme n’avoir appris l’existence de l’accusation qu’environ une heure plus tard. Il dit alors avoir demandé que le ministre de la Justice soit informé et qu’une enquête soit immédiatement menée sur place.

Le conseiller a également dénoncé les différentes versions ayant circulé sur la découverte du supposé sujet : document retrouvé dans sa main, dans celle d’une candidate, dans un sachet d’eau ou encore découvert par un surveillant. Pour lui, ces versions contradictoires soulèvent des interrogations sur les circonstances de son arrestation et de sa détention.

Il affirme par ailleurs que ses téléphones et autres appareils ont été examinés durant plusieurs jours sans qu’aucun élément compromettant lié au concours ne soit découvert.

Contestant également la nécessité de son placement en détention, Sékou Keïta a invoqué son expérience de douze années au ministère de la Justice et sa participation à l’organisation de plusieurs concours. Il a réaffirmé sa disponibilité à répondre devant la justice et demandé que les responsabilités soient établies sur la base des éléments de l’enquête.

Alors que Maciré Camara et Sékou Keïta maintiennent leur innocence, le Tribunal poursuit l’examen du dossier à travers les questions des avocats des différentes parties. Les débats devront notamment permettre d’éclaircir les circonstances de la transmission présumée du sujet, l’origine des différentes versions des faits et le rôle exact de chacun des prévenus.