Après le verdict rendu dans l’affaire impliquant Sékou Keïta et Maciré, poursuivis dans le dossier relatif à la fraude présumée au concours de l’École de la magistrature, la défense annonce son intention de contester la décision devant la juridiction compétente.

À l’issue des débats, le tribunal a rendu sa décision conformément à son appréciation des faits et des éléments soumis par les différentes parties. Une décision que les avocats de la défense ne partagent pas entièrement.

Prenant la parole, Me Amadou Oury Diallo a rappelé que ses clients disposent, eux aussi, de droits, notamment celui d’exercer un recours contre la décision rendue.

« Nous aussi, nous avons des droits, notamment celui de faire appel de la décision qui a été rendue. Nous allons donc faire application des articles 578 et 579 du Code pénal afin de faire réexaminer cette décision, parce qu’on n’est pas tout à fait d’accord », a-t-il déclaré.

L’un des principaux points soulevés par l’avocat concerne la différence entre les peines prononcées contre les deux prévenus.

Selon la défense, Sékou Keïta a été condamné à un an d’emprisonnement, tandis que Maciré a écopé d’une amende de deux millions de francs ainsi que de cinq ans d’interdiction de se présenter au concours de l’École de la magistrature.

Pour Me Amadou Oury Diallo, cette différence de traitement mérite d’être examinée par la juridiction d’appel.

« On ne comprend pas pourquoi les deux peuvent être condamnés pour une peine comme celle-ci : pour Sékou, un an d’emprisonnement, et pour Maciré, deux millions d’amende et cinq ans d’interdiction de postuler au concours de l’École de la magistrature », a-t-il expliqué.

L’avocat estime que ces sanctions sont susceptibles de porter atteinte aux droits de ses clients et souhaite que leur bien-fondé soit réexaminé.

« Le droit a certes été dit, mais est-ce qu’il a été dit dans les conditions requises telles que prévues par la loi ? », s’est-il interrogé.

Revenant sur les réquisitions du ministère public, Me Amadou Oury Diallo rappelle que le procureur demeure libre de formuler les réquisitions qu’il estime conformes à son appréciation du dossier.

La défense, de son côté, avait sollicité la relaxe de ses clients.

« Le procureur est libre dans ses réquisitions de requérir ce qu’il pense être au mieux de son action, de ses poursuites. Nous aussi, nous avons sollicité auprès du tribunal des mesures qui consistent à les renvoyer des fins de la poursuite », a-t-il indiqué.

Selon lui, les réquisitions du parquet n’ont pas déterminé la décision finale, le tribunal ayant statué selon sa propre appréciation des faits et des débats.

La défense entend désormais utiliser les voies de recours prévues par la loi afin de soumettre l’affaire à un nouvel examen.

« Dès aujourd’hui, on a discuté avec les clients. Dès aujourd’hui, on va relever appel de la décision qui est rendue », a annoncé Me Amadou Oury Diallo.

L’affaire pourrait ainsi connaître un nouveau développement devant la juridiction d’appel, où la défense entend revenir sur les faits, les qualifications retenues ainsi que les sanctions prononcées contre les deux prévenus.