Conakry : Le président du parti AGN, l’honorable Mory Kaba, plaide pour une meilleure mobilisation des ressources financières nationales afin de réduire la dépendance de la Guinée aux financements recherchés sur les marchés extérieurs.

Intervenant sur la question du financement des différents projets engagés par le pays, l’homme politique estime que la Guinée doit tirer davantage profit de ses propres capacités financières et développer des institutions capables de soutenir l’économie nationale.

« Au lieu d’aller systématiquement rechercher des financements sur les marchés financiers, nous pouvons créer et développer nos propres champions locaux », a-t-il déclaré, faisant notamment référence aux secteurs bancaire, assurantiel et mutualiste.

Développer des champions financiers guinéens

Pour Mory Kaba, le renforcement de la présence d’intérêts guinéens dans le secteur financier constitue un enjeu stratégique. Il estime que la création de banques, de compagnies d’assurances et d’autres institutions financières nationales permettrait de mobiliser davantage de capitaux au profit des projets publics et privés.

Cette orientation pourrait également, selon lui, accompagner le développement des partenariats public-privé et favoriser une meilleure circulation des capitaux dans l’économie guinéenne.

« Il faudrait que l’État contribue à la création de champions locaux et que nous mettions en place une véritable économie de rotation des capitaux », a-t-il préconisé.

Plus de 800 milliards de francs guinéens évoqués

Le président de l’AGN s’est également interrogé sur l’utilisation des ressources générées par les régies financières de l’État.

Il affirme avoir constaté qu’en 2025, les comptes de résultats des régies financières auraient représenté plus de 800 milliards de francs guinéens. Il cite également la LONAGUI, estimant qu’une proportion limitée de ces ressources serait reversée au Trésor public.

Pour Mory Kaba, cette situation mérite une réflexion approfondie, notamment au regard du recours de l’État à des financements extérieurs.

« Je ne vois pas pourquoi nous devrions aller rechercher ailleurs, sur les marchés financiers, des montants dont nous disposons déjà », a-t-il fait remarquer.

Il appelle ainsi à une meilleure intégration des ressources disponibles dans la planification budgétaire, afin qu’elles puissent contribuer davantage au financement des besoins essentiels des populations.

Le coût des financements en question

L’ancien responsable politique a par ailleurs abordé la question du coût des projets financés par emprunt. Pour lui, il est nécessaire de tenir compte des conditions attachées aux financements et des échéanciers de remboursement.

« L’argent que nous empruntons ne nous appartient pas », a-t-il rappelé, soulignant que les prêteurs peuvent fixer des conditions financières qui influencent le coût final des projets.

À travers cette analyse, Mory Kaba invite les autorités à renforcer la capacité de mobilisation des ressources internes et à faire du secteur financier national un véritable levier du développement économique.

Pour le président de l’AGN, l’enjeu est désormais de construire un modèle dans lequel les capitaux nationaux participent davantage au financement des projets structurants de la Guinée.

 

Par Damba Morlaye